Transcription
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Monsegneur, revenant d’acompagnier monsegneur le cardinal Ursin,
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legat de sa saincteté, en Avignon suyvant voz mandemens, j’ay
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receu les lettres et commission qu’il vous a pleu m’escrire pour aller
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recepvoir le segnieur Alphonce et ses troupes, et icelles conduyre
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par votre gouvernement en lieus qu’il vous plairra me commander.
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J’espère, aidant Dieu, me rendre lundy la part de monsegnieur
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le comte de Tendez à Pertuys, ou là part où sera mondit segneur
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Alphonce, pour luy fere entendre votre volonté et lacheminer à
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la moindre surcharge du peuple que se pourra, de quoy, monsegnieur,
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je vous tiendrey adverty de lieu en lieu. Je n’ay fally rendre
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voz lettres à Madame de Sainte-Clère en Avignon, laquelle
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est en fort bonne sancté et ne m’a voulu honorer de ses lettres.
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Monsegnieur le legat Ursin me chargea d’une sienne lettre avec
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des remerciemens et offres infinis pour les faveurs qu’il comfesse
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avoir heues suyvant voz mandemens par cette province, laquelle
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j’ay remis ez mains du cappitaine La Fouliouze, ensemble ung pacquet
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de monsieur le comandeur de La Roche, pour vous estre renduz.
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Monsegnieur, je ne vous puys escrire aucune nouvelle, si n’est que
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ceux de Nymes, qu’on estime au nombre de cincq mille, font contenance
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de se opiniastrer, fortifians leur vile de toute monitions et rempars,
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et au surplus se remectent à la venue de monsegnieur Damville pour
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rendre toute hobeissance aus commandemens de sa magesté, ne
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recognoissans en rien monsieur de Joyeuse, comme il a escreit à monsegnieur
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le cardinal d’Armagniac. Ceux d’Orenges hont respondu au
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courrier envoyé expres par sadite magesté celle part quilz hobeiront
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[v°] aus commandemens de leur souverein le princes d’Orenges, resolus de
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mourir trestous, plustost que laisser le lieu sans son commandement.
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La nouvelle vint hyer au soir à mondit segnieur d’Armagniac comme
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monsieur de La Crosette a executé tous ceux de la religion estant
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dedens Castrez. Si je apprens quelque chose de nouveau,
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je ne faudrey, monsegnieur, vous en tenir adverty. Ce pendant,
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je vous supplie me comander voz bons plaisirs ausquelz j’obeirey
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toute ma vie tres humblement priant Dieu,
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Monsegnieur, vous donner en toute prosperité et sancté
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acomplissement de voz bons desirs. De Piarre Latte,
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ce IIIIe octobre 1572.
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Votre tres humble et obeissant
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serviteur à jamais
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L Debuffevant
